Condamnation de la FDJ : obligée de reverser 18918€ à un parieur !

Au programme de l’émission du jour, nous allons aborder deux sujets :

– Une première victoire pour les parieurs en France avec la condamnation de la FDJ ! Elle devra payer un parieur qui avait pris des values chez eux. C’est à dire que la FDJ avait fait des erreurs de cotation en cotant apparemment très mal certains matchs en mettant des cotes plus hautes que ses concurrents. La FDJ avait alors annulé tous ces paris. Mais par un jugement du mois d’avril dernier, la FDJ devra payer. C’est énorme comme avancement ! Moi qui suis dans le milieu depuis des années, et qui ai travaillé chez un bookmaker, je n’aurais jamais pensé qu’un tel jugement puisse arriver. On va en parler dans quelques secondes avec Morgan qui lui aussi attend le jugement d’une affaire similaire, comme on en avait parlé il y a quelques semaines.

– On discutera ensuite avec Pierre-Yves du sujet suivant : Peut on devenir parieur pro en France ? Cette question en taraude plus d’un puisque beaucoup de monde me la pose. Et nous allons essayer d’y répondre.

Interview de Morgan :  quand les bookmakers doivent payer !

attaquer le bookmaker condamnation de la FDJB : – Morgan, tu es déjà intervenu dans l’émission il y a un mois environ  pour nous parler de paris en attente de paiement qui avaient été annulés par la FDJ (retrouvez l’interview de Morgan ici). Depuis, un ami à moi qui est parieur m’a signalé une décision de justice en faveur d’un parieur dans une affaire similaire à la tienne. Tu en as entendu parler je pense ?

M : – Évidemment, oui. On se tient au courant des affaires (rires)

B : – En plus, c’est le même cabinet d’avocats que toi, non ?

M : – Tout à fait.

B : – Comme quoi, il est possible de faire payer la Française des Jeux pour ses erreurs. Je résume un peu l’affaire : le 25 avril 2017, le Tribunal de Grande Instance de Paris a tranché en faveur d’un parieur. La Française des Jeux avait annulé plusieurs dizaines de ce qu’ils appellent “des contrats de paris” – on peut effectivement considérer que prendre un pari chez un bookmaker, c’est un contrat.

M : – C’est ça, tout à fait. Un contrat normal de consommation

B : – C’est ça. Donc tu estimes que si tu prends la cote, tu dois être payé par rapport à celle-ci, peu importe ce qu’il s’est passé avant, peu importe s’ils ont fait des erreurs. Le parieur n’y est pour rien. Pour prendre une image, si je vais dans un grand magasin de sport pour acheter une paire de chaussures qui vaut 100 € mais qui est vendu 40 € à cause d’un erreur d’étiquetage, je vais à la caisse et je paie 40 €. Si on me dit que non, c’est 100 €, je m’en fiche. Le prix est celui marqué sur l’étiquette.

M : – Sinon, c’est un peu facile, on est bien d’accord.

B : – Et là c’est un peu pareil. Entre 2013 et 2016, ce parieur avait pris une cinquantaine de paris. Le Tribunal dit, je cite : “Une partie une fois entamée, le hasard ne saurait retourner sur ces pas”. Ce qui veut bien dire que les contestations du parieur étaient justifiées. La somme s’élevait à 20 000 €, c’est ça ?

M : – C’est ça, oui. Le juge a statué le paiement des gains, le manque à gagner sur ces paris annulés. Plus le remboursement des frais d’avocat, ce qui est habituel.

B : – Pour ceux qui veulent le lire, voici l’article publié sur le site de l’Association des Joueurs et des Parieurs. La somme précise que la FDJ doit à ce parieur est de 18 918,34 €. Et en plus, 3 500 € au titre des frais irrépétibles – c’est-à-dire tout ce qui est frais d’avocat. Je trouve d’ailleurs bizarre qu’il n’y ait pas eu une somme supplémentaire pour le dédommagement moral…

M : – Cela avait été demandé, pour résistance abusive – en clair, la FDJ depuis trois ans refuse abusivement de payer les gains – mais malheureusement le juge a tranché en faveur de la FDJ sur ce point là. En fait, comme la FDJ avait mis dans ses conditions générales qu’ils avaient le droit d’annuler un pari pour erreur manifeste, le juge a estimé qu’ils pensaient avoir le droit de le faire, donc que ce n’était pas de la résistance abusive.

B : – D’accord. Maintenant, cela veut dire que les bookmakers n’ont plus le droit de marquer dans leurs conditions générales qu’ils peuvent annuler un pari pour erreur manifeste.

M : – Tout à fait.

B : – Et en pratique, ils le font ?

M : – Je crois que seul Bwin n’a pas changé ses conditions, puisque la dernière mise à jour de leurs conditions générales remonte à 2014. Mais globalement, les bookmakers ont enlevé cette mention d’erreur manifeste. Le problème, c’est qu’ils sortent maintenant d’autres arguments comme la défaillance technologique…

B : – Ah, d’accord ! (rires)

M : – Mais il faut savoir que dans ce jugement, le juge a indiqué que l’erreur technologique ne devait plus non plus être un argument.

B : – OK. Et puis, même s’il y avait une erreur technologique, c’est à la personne qui utilise le logiciel d’assumer.

M : – Oui, on est d’accord. C’est de toute façon la faute du bookmaker. Le jugement officiel vient d’être rendu donc je pense que cela va prendre quelques mois avant que les bookmakers refassent leurs conditions générales. J’ose espérer que la défaillance technologique soit retirée pour la rentrée.

B : – Cela fait un moment que l’Arjel a intimé l’ordre aux opérateurs de cesser ces pratiques

M : – À deux reprises. Une première fois dans une circulaire en 2013 et comme les bookmakers n’en tenaient pas compte, l’Arjel a fait une seconde circulaire en août 2016. Et ils indiquaient qu’ils commenceraient à prendre des sanctions si la mention d’erreur manifeste n’était pas retirée des CGU des bookmakers. Cela a eu un effet puisque la FDJ paie beaucoup plus les paris depuis quelques mois. Et comme les paris concernés par ce jugement ont été pris avant 2017, je pense qu’on est vraiment sur une bonne voie.

ticket annulé bookmakerB : – On le redit : si jamais ce problème vous arrive, faites une copie d’écran et ayez le numéro de ticket pour avoir les preuves

M : – Gardez tout !

B : – Voilà ! Ceci dit, un avocat coute assez cher, or la mise moyenne selon les chiffres de l’Arjel est de 10 ou 20 €… Mais si vous avez ce problème, faites des copies d’écran et voyez avec Morgan pour monter des collectifs pour plusieurs tickets. Tous les tickets cumulés, cela peut représenter des dizaines de milliers d’euros. Et les frais d’avocat sont alors divisés entre les plaignants. Et vous avez aujourd’hui de grandes chances de retrouver vos gains.

M : – Beaucoup plus qu’avant en tout cas, ça c’est sûr !

B : – C’est pour ça que je voulais t’inviter dans l’émission. Merci à toi pour nous avoir éclairé sur le sujet la dernière fois. Si ça commence à prendre forme aujourd’hui, on va dire que tu as ajouté ta pierre à l’édifice. Est-ce que des gens t’ont contacté suite à l’émission du mois dernier ?

M : – Oui. Après, il ne faut pas se le cacher : les frais d’avocat sont tellement élevés que pour récupérer 50 ou 100 €, c’est difficile. Mais si vous êtes plusieurs par contre, si vous accumulez les tickets, là on pourra faire quelque chose.

B : – Je remettrai encore ton contact si tu le veux bien

M : – Oui, bien sûr.

B : – Et on sait maintenant qu’il y a possibilité de en plus se faire… comment dire sans être vulgaire ? Ne plus se faire avoir ! (rires)

M : – Et si jamais les gens n’ont qu’un petite somme à récupérer, qu’ils n’hésitent pas à contacter le service client du bookmaker et à leur rappeler que la décision de justice qui vient de tomber leur interdit d’annuler le pari pour erreur. Il ne faut pas hésiter.

B : – Tous les bookmakers sont au courant de ce jugement puisque forcément, ce n’est pas une bonne nouvelle pour eux ! Mais c’est une très bonne nouvelle pour nous parieurs ! Rappelle-nous quand aura lieu le jugement pour toi ?

M : – On attendait cette décision-là pour pouvoir l’intégrer dans nos conclusions donc on a fait décaler le procès. Du coup la FDJ a un nouveau droit de réponse jusqu’en septembre et le procès aura lieu en février 2018.

B : – Ah oui, on a oublié de dire qu’il faut être patient ! (rires)

M : – Exactement ! (rires) Le premier procès contre Bwin aura lieu en 2018. En tout cas, cette décision contre la FDJ nous rend encore plus confiants. Surtout qu’il s’agissait d’un grand tribunal avec un juge qui a bien tout expliqué.

B : – Tu seras notre fil rouge pour tenir informés les auditeurs de l’évolution de tout cela. Merci beaucoup Morgan et à la prochaine !

M : – Salut Benoît.

Est-ce qu’il est possible d’être parieur pro en France ?

parier sur le foot paris sportifsB : – Pour ce deuxième sujet, Pierre-Yves est avec nous. Déjà, il faut définir ce qu’est un parieur professionnel. Pour toi Pierre-Yves, un parieur pro, c’est quoi ?

P-Y : – Après la première partie de l’émission, j’ai l’impression que le parieur pro est attentif aux vices de procédures et aux erreurs de différents sites.

B : – Quand on dit “pro”, c’est effectivement dans plusieurs domaines. Tu es à l’affut de la sortie des cotes chez les bookmakers – et d’ailleurs je pense que cela va être de plus en plus le cas en France vu ce qu’il s’est passé. Je sais que certains sont très attentifs à cela. Un pari sur “Ronaldo marque au moins un but” dans un match était coté à 3 ou à 5 sur parions-web alors que la vraie cote était de 1,20-1,30. Certains ont parié des milliers d’euros. Et parions-web a payé. Cela peut donc valoir le coup. Par contre, tu ne peux plus avoir de job à côté, il faut être à plein-temps pour regarder tout ce qui sort.

P-Y : – Mais ce n’est pas la réalité du parieur pro

B : – Cela peut faire parti pour certains d’une ramification supplémentaire de ce qu’ils font. Mais pour moi, parieur pro signifie vivre des paris ou – et j’insiste sur le ou – pouvoir en vivre si on le voulait. On peut être passionné par pleins de choses et pas seulement faire du pari. Je considère qu’un parieur pro va faire ses propres analyses de paris, qu’il a un certain vécu et qu’il en tire des bénéfices. Aujourd’hui, on voit des personnes qui se considèrent comme parieur pro, notamment sur Internet, mais qui ne sont pas capables de faire une analyse sur un match et de vous expliquer pourquoi ils prennent tel ou tel pari. Pour beaucoup, ce sont surtout des suiveurs et non des parieurs pros. On peut plutôt les appeler des investisseurs mais pas plus. Est-ce que tu penses qu’un parieur pro peut bien gagner sa vie aujourd’hui ?

P-Y : – Dans le contexte actuel de législation française ?

B : – Oui. Mais est-ce que tu connais bien la législation française ? (rires)

P-Y : – Non. Je t’écoute régulièrement. Et je me dis que de manière historique, la France ne peut pas être un pays de pari. Avec la mainmise du PMU, de la FDJ, tout ça. Et puis même dans la manière dont les media traitent tout ce qui se rapporte aux paris : les histoires de frères Karabatic entre autres. Donc je me dis que de toute façon, il y a un mur à franchir et j’imagine le cheminement assez complexe.

B : – Intéressant. C’est ce qu’on peut penser dans l’imaginaire collectif. Certains disent qu’on ne peut pas être parieur pro en France mais moi je dis le contraire. Aujourd’hui, il y a l’Arjel, l’Autorité de Régulation des Jeux En Ligne, qui propose des bookmakers en France. Et comme je l’ai déjà dit, quand vous gagnez sur les sites Arjel, ils vous limitent. D’ailleurs je pense que ce serait bien qu’il y ait un jour un jugement qui interdise de limiter les mises quand on gagne. Ce qui pour un joueur pro n’est pas possible.

statistiques parier sur le footMais dans son dernier bulletin, l’Arjel précise bien que n’importe quel résident français peut jouer sur les sites étrangers sans être inquiété. Ceux qui peuvent être inquiétés, ce sont les bookmakers étrangers qui acceptent les parieurs français. C’est une nuance très importante. À partir de là, on peut donc jouer sans être limité. Après, être un joueur pro dépend aussi du capital. Si tu as 50 €, on est bien d’accord que ce n’est pas possible. Tu connais le salaire médian net en France ?

P-Y : – C’est autour de 1 500€ je crois.

B : – C’est ça. Soit 18 000€ par an. Donc un parieur qui gagne 18 000 € par an avec ses paris sportifs peut être considéré comme un pro.

P-Y : – Net ou brut ?

B : – Net. Ah oui, les paris sportifs ne sont pas imposables en France. C’est un jeu de hasard. Je ne connais personne qui ait eu des soucis avec ça. Par contre, tu ne cotises pas pour la retraite ou la sécu, on est bien d’accord. Donc il faut gagner plus de 18 000 € par an. On va dire que si tu gagnes entre 20 000 € et 25 000 € et que tu fais tes propres analyses, tu peux être considéré comme parieur pro. Bien sûr, on peut aussi gagner cette somme en étant un investisseur qui suit des tipsters mais pour moi, ce n’est pas être parieur pro. Tu es investisseur pro, ou suiveur pro, comme tu veux, mais pas parieur pro.

P-Y : – Tu es un boursicoteur.

B : – C’est un peu différent. C’est un produit d’investissement. Et je tiens vraiment à différencier les deux. C’est toujours important de savoir qui on a en face de soi, si c’est un investisseur pro ou un parieur pro. Je rêve d’un débat sur les paris sportifs avec plusieurs personnes qui sont sur internet. Cela pourrait être intéressant pour tout le monde pour voir les compétences de chacun. Mais cela n’arrivera sans doute jamais. Pour définir un parieur pro, il y a les mises et le capital. J’ai toujours dit que pour dégager au minimum 1 500 € par mois, il faudrait 20 à 25 000€ de capital au minimum. Sinon, un parieur pro pour toi, c’est la belle vie tous les jours ?

P-Y : – la belle vie pour un amoureux des maths et des statistiques

B : – Ça en fait partie mais à ton avis, est-ce que tu penses que c’est reposant comme métier quand tu as une vie de famille, sachant que forcément, tu ne gagnes pas tous les jours.

P-Y : – Non, je ne pense pas. Le côté équilibré, tu ne dois pas trop le trouver dans le pari.

B : – C’est ça. Beaucoup de ceux qui veulent devenir parieur pro minimisent les contraintes. En particulier les contraintes psychologiques. Pour avoir 19 ans de paris sportifs derrière moi, je peux vous dire que ce n’est pas toujours simple. Il y a des périodes de bad runs – c’est normal, cela arrive. Si vous avez une vie de famille à gérer, c’est parfois aussi complexe à gérer. Il faut prendre tout cela en compte.

Parieur pro en France, pour moi c’est possible. Je le suis et je connais d’autres personnes qui le sont. Mais c’est peut-être plus simple dans d’autres pays comme l’Angleterre par exemple. Pierre-Yves, parieur pro un jour pour toi ? J’ai la réponse, je sais que tu me diras non. Tu aimes bien le sport mais tu ne paries pas forcément.

P-Y : – Je suis trop imprégné de la tradition française.

B : – On est d’accord.

Voilà pour le sujet sur les parieurs pros. Mais vous pouvez aussi arrondir vos fins de mois en suivant des tipsters par exemple. Si vous voulez en savoir plus écrivez moi via le formulaire de contact. Vous pouvez aussi rejoindre mon club privé pariez gagnant !

 

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